L’ornement m’a toujours fasciné par la puissance de sa beauté libre, la coexistence de son universalisme et de ces singularités, ce sentiment d’harmonie qu’il nous fait ressentir face au monde. Partout, de tout temps, questionnant le politique, l’ordre et le pouvoir, le spirituel, détesté et adoré, refoulé du monde de l’art, porteur de sens et de récit, au delà de questionner le beau et l’utile, l’ornement pose aussi plus profondément la question de l’altérité.

Par sa forme, ses couleurs, la profusion de ses motifs, mon travail explore une esthétique du vivant, reflet d’un monde holistique où il serait possible de tout métisser. L’ ornement est prolixe, envahissant. Organique, rhizomique, il contamine l’entièreté de l’œuvre, la dévore. Rappelant les enchevêtrements complexes de la nature, les univers bigarrés des marchés et carnavals du monde, il ne vient pas en supplément ; il est constitutif de la vitalité et de l’énergie recherchée.

Ce travail formel se conjugue à l’utilisation du tissu, de broderies familiales et de références artisanales reposant la question de l’usage subversif de l’ornement. Mon travail surjoue les codes liés au genre féminin (motifs, tissus, broderie, couleurs…) intègre un artisanat dans lequel les femmes ont fait preuve d’une très grande créativité restée mineure dans la société. Féministe, mon travail explore une mémoire collective sous-jacente au genre féminin et questionne notre rapport au monde et à l’autre.

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